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Un robot capable de comprendre une demande, de marcher jusqu’à un objet, de le saisir, de corriger son geste et de demander de l’aide à un autre robot : voilà ce que montre Google avec Gemini Robotics 2. Présentée le 30 juillet 2026, cette nouvelle famille de modèles fait sortir l’IA de nos écrans. Mais entre les vidéos impressionnantes et les robots réellement disponibles dans les entreprises, il reste encore quelques marches à gravir. Au sens propre.
Lorsque nous parlons d’IA, nous pensons généralement à un assistant qui rédige un texte, analyse un document ou crée une image. Avec Gemini Robotics 2, l’IA ne se contente plus de répondre : elle observe un environnement, raisonne, planifie une action et transmet des commandes à un robot.
Développée aux États-Unis par Google DeepMind, la famille Gemini Robotics 2 a été officiellement présentée le 30 juillet 2026. Elle repose sur trois modèles complémentaires destinés aux robots humanoïdes, aux bras robotisés et aux systèmes industriels. Son objectif est ambitieux : permettre à différents types de machines d’accomplir des tâches complexes sans devoir être programmées séparément pour chaque geste.
Gemini Robotics 2, c’est quoi exactement ?
Gemini Robotics 2 n’est pas un robot que vous pourrez commander demain matin entre une imprimante et une machine à café. Il s’agit d’une famille de modèles d’IA conçus pour piloter ou coordonner des robots.
Google DeepMind présente trois composants.
Gemini Robotics 2 : le modèle qui transforme une consigne en mouvement
Gemini Robotics 2 est un modèle dit VLA, pour Vision-Language-Action.
Il reçoit trois types d’informations :
- ce que le robot voit grâce à ses caméras ;
- ce qu’une personne lui demande en langage naturel ;
- les données provenant de ses capteurs.
Il traduit ensuite ces informations en mouvements. Il peut, par exemple, demander à un robot humanoïde de marcher jusqu’à une étagère, de se baisser, de prendre un arrosoir et de le déposer dans un bac. La différence avec les précédentes versions tient au contrôle de l’ensemble du corps. Gemini Robotics 2 ne pilote plus uniquement des bras posés sur une table. Il coordonne les jambes, le torse, les bras et les mains d’un robot humanoïde.
🎥 Vidéo officielle: présentation générale
@Google DeepMind
Gemini Robotics 2 brings whole body intelligence to robots – Google DeepMind
Gemini Robotics ER 2 : le cerveau qui planifie
Le sigle ER signifie Embodied Reasoning, que l’on peut traduire par raisonnement incarné ou raisonnement appliqué au monde physique. Gemini Robotics ER 2 ne contrôle pas directement chaque moteur. Il joue le rôle de chef d’orchestre. Il comprend l’objectif, observe la scène, découpe le travail en étapes et appelle les outils ou les fonctions nécessaires.
Pour ranger une pièce, il peut ainsi :
- identifier les objets qui traînent ;
- déterminer leur destination ;
- choisir le robot le mieux adapté ;
- transmettre les instructions au modèle de contrôle ;
- suivre l’avancement en vidéo ;
- recommencer une étape en cas d’échec ;
- vérifier que la mission est terminée.
Ce modèle accepte du texte, des images, de la vidéo et de l’audio. Il peut également appeler des fonctions externes, des interfaces de navigation ou Google Search lorsqu’une information lui manque. Gemini Robotics ER 2 repose sur Gemini 3.5 Flash et dispose d’une fenêtre de contexte pouvant atteindre 128 000 tokens.
Gemini Robotics On-Device 2 : l’IA directement dans le robot
Gemini Robotics On-Device 2 est une version plus légère, conçue pour fonctionner localement sur le matériel du robot.
Ce fonctionnement présente plusieurs avantages :
- moins de dépendance à la connexion Internet ;
- réduction de la latence ;
- traitement local de certaines données sensibles ;
- continuité de service dans un entrepôt ou un atelier mal connecté.
Selon Google DeepMind, le modèle peut être adapté à un nouveau type de robot avec moins de 200 exemples, collectés en quelques heures. Cela ne signifie pas qu’un modèle fonctionne immédiatement sur n’importe quelle machine. Il faut toujours relier l’IA aux caméras, aux capteurs, aux moteurs et aux mécanismes de sécurité propres à chaque robot.
Des robots désormais capables d’utiliser tout leur corps
Les démonstrations ont notamment été réalisées avec Apollo 2, le robot humanoïde de l’entreprise américaine Apptronik. (lire aussi : La prochaine révolution n’est pas l’IA… mais la robotique intelligente : l’exemple de Gemini) Lorsqu’on lui demande de placer un arrosoir dans un bac situé en bas d’une étagère, Apollo 2 doit enchaîner plusieurs actions :
- repérer l’arrosoir ;
- marcher jusqu’à la table ;
- saisir correctement l’objet ;
- se déplacer sans le lâcher ;
- s’accroupir ;
- déposer l’objet au bon endroit.
Ces gestes paraissent très simples pour une personne. Pour un robot, ils demandent de coordonner la vision, l’équilibre, la trajectoire, la force de préhension et la position de chaque articulation.
🎥 Vidéo officielle : contrôle du corps entier
Intelligent whole-body control with Gemini Robotics 2
Google reconnaît toutefois que les déplacements restent lents. Les vidéos montrent une progression notable, mais nous sommes encore loin d’un collègue robot traversant l’atelier avec l’aisance d’une salariée pressée avant la réunion de 9 heures.
Des mains plus précises, mais encore loin des nôtres
Gemini Robotics 2 peut contrôler aussi bien des pinces mécaniques que des mains possédant plusieurs doigts.
Sur Apollo 2, Google utilise notamment les mains SharpaWave, qui comptent cinq doigts et 22 degrés de liberté. Le robot peut tenter de :
- visser ou dévisser une ampoule ;
- fermer un sac à glissière ;
- faire un nœud ;
- utiliser une pelle et une balayette ;
- manipuler de petits objets.
Les résultats publiés par Google permettent de relativiser les démonstrations. Le robot atteint notamment :
- 92 % de réussite pour dévisser une ampoule ;
- 44 % pour nouer un sac-poubelle ;
- 40 % pour fermer un sac à glissière ;
- 36 % pour visser une ampoule ;
- 32 % pour utiliser une pelle et une balayette.
Avec les pinces du robot Franka Duo, les performances sont plus élevées : Google annonce notamment 89,6 % de réussite sur certaines tâches d’insertion précise. Autrement dit, le robot commence à se débrouiller, mais il peut encore avoir besoin de plusieurs tentatives pour fermer un simple sachet.
🎥 Vidéo officielle : manipulation et dextérité
Tough dexterity tasks with Gemini Robotics 2
Plusieurs robots peuvent désormais travailler ensemble
Une autre nouveauté importante concerne la collaboration entre plusieurs robots. Gemini Robotics ER 2 peut répartir une mission entre des machines différentes. Un robot mobile peut, par exemple, repérer ou transporter un objet, tandis qu’un robot équipé de deux bras se charge de le manipuler avec précision.
Les robots partagent une représentation commune de la tâche. Ils peuvent s’informer de leur progression et se transmettre un objet ou une étape du processus.
Cette capacité pourrait être utile dans :
- les entrepôts ;les usines ; les centres de tri ;
- la maintenance industrielle ;
- les laboratoires ; les établissements de santé, sous réserve de validations et de dispositifs de sécurité beaucoup plus stricts.
🎥 Vidéo
Multi-robot collaboration with Gemini Robotics 2
Une IA capable de vérifier son propre travail
L’une des difficultés majeures de la robotique consiste à déterminer si une tâche est réellement terminée. Un robot peut avoir exécuté le mouvement prévu sans obtenir le résultat attendu : l’ampoule n’est pas complètement vissée, le liquide déborde ou l’objet tombe quelques secondes après avoir été posé. Gemini Robotics ER 2 analyse donc un flux vidéo continu pour mesurer l’avancement de l’action.
Google évalue notamment deux capacités :
- la classification de la progression, avec un résultat annoncé de 57,4 % de précision ;
- la détection du moment exact où un événement se produit, avec 91,3 % de précision et un écart temporel moyen de 0,96 seconde.
Cette analyse permet au système de recommencer une étape ou de modifier son plan sans relancer toute la mission. Le modèle peut également continuer à préparer l’étape suivante pendant que le robot réalise la précédente. Cette exécution en flux limite les pauses parfois très visibles des systèmes qui doivent s’arrêter pour « réfléchir ».
Cet usage prolonge ce que nous observions déjà avec Spot, le robot de Boston Dynamics devenu inspecteur industriel grâce à Gemini.
Comment tester Gemini Robotics ER 2 ?
Gemini Robotics ER 2 est disponible en version préliminaire dans Google AI Studio et via la Gemini API.
Le modèle standard porte la référence :
gemini-robotics-er-2-preview
Une seconde version, destinée aux interactions en temps réel, utilise la référence :
gemini-robotics-er-2-streaming-preview
Cette version reçoit en continu de la vidéo, de l’audio, des images et du texte. Elle peut ensuite appeler les fonctions définies par l’équipe qui développe le robot. La formule gratuite permet de réaliser des essais dans Google AI Studio. Pour un usage payant via l’API, Google affiche, au 18 août 2026 :
- 2 dollars par million de tokens entrants ;
- 10 dollars par million de tokens générés ;
- 1 dollar et 5 dollars en traitement par lots.
Ces tarifs concernent le modèle de raisonnement. Ils n’incluent évidemment ni le robot, ni ses capteurs, ni son intégration, ni la sécurisation de son environnement. Les deux modèles chargés de commander directement les mouvements — Gemini Robotics 2 et Gemini Robotics On-Device 2 — sont pour leur part réservés aux partenaires bénéficiant d’un accès anticipé.
Gemini Robotics 2 face aux autres acteurs
Google DeepMind n’est pas seul sur ce marché. NVIDIA Isaac GR00T propose une plateforme ouverte regroupant modèles, simulation, génération de données et outils de déploiement pour les robots humanoïdes.
Physical Intelligence développe également des modèles capables de piloter différents robots à partir d’instructions en langage naturel.
Les constructeurs comme Boston Dynamics, Figure, Apptronik ou Agility Robotics avancent de leur côté sur le matériel et les déploiements industriels.
Pour mieux comprendre cette convergence, vous pouvez également consulter notre dossier sur l’IA physique, lorsque l’algorithme quitte l’écran et notre explication des World Models.
sage des démonstrations spectaculaires à une utilisation quotidienne, sûre et rentable sera la véritable épreuve.
FAQ
Quelle est la date de sortie de Gemini Robotics 2 ?
Gemini Robotics 2 a été annoncé par Google DeepMind le 30 juillet 2026.
Peut-on utiliser Gemini Robotics 2 dès maintenant ?
Gemini Robotics ER 2, le modèle de raisonnement, est disponible dans Google AI Studio et via la Gemini API. Les modèles qui contrôlent directement les mouvements des robots restent accessibles uniquement à certains partenaires.
Gemini Robotics 2 est-il un robot humanoïde ?
Non. C’est une famille de modèles d’IA pouvant être connectés à différents robots, dont Apollo 2 d’Apptronik, des bras robotisés Franka ou le robot quadrupède Spot de Boston Dynamics.
Combien coûte Gemini Robotics ER 2 ?
Google propose une formule d’essai gratuite. L’API payante coûte actuellement 2 dollars par million de tokens entrants et 10 dollars par million de tokens générés. Le matériel robotique et son intégration ne sont pas compris.
Ces robots peuvent-ils travailler seuls dans une entreprise ?
Pas encore sans encadrement. Ils nécessitent une intégration technique, des procédures de sécurité, des tests en situation réelle et une supervision humaine.
En savoir plus
- Découvrir Gemini Robotics 2 sur le site de Google DeepMind
- Lire l’annonce officielle du 30 juillet 2026
- Consulter la fiche technique de Gemini Robotics ER 2
- Découvrir la documentation pour les développeurs
- Consulter les tarifs de la Gemini API
- Lire notre précédent dossier consacré à Gemini Robotics
- Comprendre le concept d’IA physique
- Comprendre le fonctionnement des World Models
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